Cygne Noir

Les médias non-indépendants sont au service de l’État et ne jouent plus leur rôle

© France-Soir

Les médias non-indépendants
sont au service de l’État et ne jouent plus leur rôle

Par Eric Verhaeghe

Transcription de la vidéo par « Des Livres Et Nous »

Eric Verhaeghe commente l’allocution d’Emmanuel Macron le 13 juillet 2021 et l’annonce du pass sanitaire. Selon lui les mesures de Macron sont inapplicables ; les Français vont résister ; de nombreux soutiens de Macron se détournent de lui ; Verhaeghe décrit la mentalité de la caste dominante, dont il a fait partie. Il explique les mécanismes qui soumettent les médias au gouvernement et qui expliquent pourquoi il ne sont plus un contre-pouvoir.

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Il y a eu un effet de sidération générale,
y compris chez ceux qui étaient partisans
des mesures annoncées par Emmanuel Macron.

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Eric Verhaeghe : Il y a eu un effet de sidération générale, y compris chez ceux qui étaient partisans des mesures annoncées par Emmanuel Macron. Certains qui étaient partisans de ces mesures m’ont écrit sur un ton triomphal, mais on sentait bien qu’il y avait eu un électrochoc. Et ces gens qui font partie de ce que j’appelle « la caste » n’ont pas hésité à me dire « le libéralisme c’est bien, mais dans le domaine économique et pour les cons, c’est bien qu’il y ait une dictature ». Je me suis senti visé quand il a dit « les cons » (rire). Il faut être conscient qu’aujourd’hui, chez les vaccinés, il y a une espèce de mouvement très passionnel, très émotionnel, qui ne se cache plus de son appétit d’autorité, de dictature, de violation de l’Etat de droit, pour mettre enfin en place de « bonnes mesures autoritaires ».

J’étais à la fois sous ce choc, mais en même temps conscient que, au-delà de l’effet d’annonce qui a évidemment beaucoup bousculé les gens, qui a lancé, projeté dans l’opposition à Macron des gens qui jusque là étaient des tièdes, des mous ou des indifférents, et qui se sont dit que là ça va trop loin, on ne peut pas accepter ça. Il faut avoir conscience qu’en réalité, derrière le matraquage médiatique favorable aux mesures annoncées par Emmanuel Macron, il y a quand même des gens qui faisaient partie plutôt de la majorité des gens très proches de la France d’en-haut et des gens faisant partie de la France d’en-haut, qui petit à petit se sont dissociés de Macron ces derniers mois, et pour qui cette annonce est un véritable repoussoir. Des médecins et plein de gens ont pris contact avec moi pour me dire : « Qu’est ce qu’on peut faire pour résister ? c’est inacceptable c’est la dictature », y compris des personnes en responsabilité dans de grandes entreprises. Il y a donc cet effet de choc.

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Au-delà de cet effet d’annonce, la réalité va reprendre le dessus

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Je pense qu’il faut le laisser passer, parce qu’au-delà de cet effet d’annonce, qui est réussi de ce point de vue, la réalité va reprendre le dessus. On a vu très vite les restaurateurs dire « Nous ne voulons pas de ce pass, nous ne sommes pas là pour contrôler les gens, nous sommes là pour leur servir des repas ».

Il va falloir que Macron maintenant décline précisément comment on fait pour les soignants qui ne veulent pas se faire vacciner, il va falloir entamer de grandes procédures disciplinaires pour licencier tous ceux qui ne veulent pas se faire vacciner, pour commencer, les mettre à pied. Il va falloir dans les restaurants mettre à pied, licencier les serveurs qui ne veulent pas se faire vacciner. Il va falloir expliquer aux restaurateurs qu’ils sont obligés de licencier un personnel qu’ils apprécient, sans être sûrs de pouvoir les remplacer par quelqu’un parce qu’il y a une pénurie sur le marché du travail. Il va falloir expliquer petit à petit que les enseignants ne sont pas soumis à l’obligation, que les policiers ne sont pas soumis à l’obligation. Pourquoi les policiers ne sont-ils pas obligés de se faire vacciner ? Pourquoi les gendarmes ne sont-ils pas obligés de se faire vacciner ? Et pourquoi les sapeurs pompiers sont-ils obligés de le faire ? Et on a bien vu qu’Olivier Véran [ministre de la Santé] commençait déjà à pédaler dans la choucroute pour l’expliquer.

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On va s’apercevoir que la décision qui a été prise
est inapplicable.

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Et en réalité nous allons aller de débats compliqués en débats compliqués où petit à petit on va voir le triomphalisme d’Emmanuel Macron s’effilocher devant le principe de réalité. Cas par cas on va s’apercevoir que la décision qui a été prise est inapplicable. Je suis donc assez serein vis-à-vis du processus que Macron a enclenché, je pense qu’il va subir une immense défaite politique qui va finir de le délégitimer. Les Français peuvent se dire que dans la durée ils auront la peau de ces mesures, que le combat ne se livre pas en trois jours.

Maintenant il y a un effet terrible, je lisais dans la presse ce matin que dans certaines régions en Chine on commence à interdire l’hôpital aux non-vaccinés. La France a décidé au 1er août d’interdire l’hôpital aux non-vaccinés et la Chine ne l’a pas encore fait. Nous sommes aujourd’hui dans un modèle plus autoritaire que le modèle chinois, il faut en avoir conscience. On ne peut que se dire : mais quelle mouche a piqué le président de la république ? Même les Chinois ne l’ont pas fait.

France Soir : Est-ce qu’on n’est pas purement dans un effet d’annonce pour remplir le carnet de commandes de Doctolib où il y a eu environ 2 millions de personnes qui en 24 heures se sont inscrites pour prendre un rendez-vous et on a utilisé une annonce médiatique un peu à la mesure d’un spot publicitaire puisqu’il y avait dans cette annonce une incitation qui était couplée avec une potentielle obligation ; avec de l’autre côté une potentielle sanction. Nous avons reçu beaucoup de courrier de nos lecteurs demandant quelle est la part de l’effet d’annonce ?

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De ses quatre ans au pouvoir Macron n’a pas retenu la leçon
qu’il ne suffit pas de décider, il ne suffit pas d’annoncer
pour que les choses se réalisent.

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Eric Verhaeghe : Quand je regarde la préparation de la décision on s’aperçoit que, en gros, Emmanuel Macron l’a préparée tout seul le week-end avant son allocution et que la décision était hyper centralisée. De mon point de vue elle est aussi le fait d’un homme qui pense que la réalité c’est sa parole, c’est-à-dire il a décidé que ce serait comme ça donc ça va se réaliser. Et je pense que de ses quatre ans au pouvoir il n’a pas forcément retenu la leçon du fait qu’il ne suffit pas de décider, il ne suffit pas d’annoncer pour que les choses se réalisent. Donc à mon avis on est sur une décision prise dans l’illusion d’un homme seul qu’il allait pouvoir imposer, pouvoir faire violence à son peuple. Sincèrement il pense qu’il va y arriver.

C’est notre capacité à résister, c’est notre capacité à traîner des pieds, c’est notre capacité à bloquer la machine, qui va faire que ça ne sera qu’un effet d’annonce, et je crois qu’on est bien partis pour y arriver. Mais c’est au jour le jour. Lorsque des directeurs d’hôpitaux vont hésiter, lorsque des chefs d’entreprise vont contourner la règle, lorsqu’ils vont éviter de licencier leurs salariés non vaccinés, c’est là qu’on va s’apercevoir que les choses sont beaucoup plus compliquées.

De mon point de vue il y a la volonté chez Emmanuel Macron de ne pas gâcher un certain nombre de millions de doses en appelant les gens à se faire vacciner pour vider les stocks. J’en suis assez convaincu.

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Cette décision ne repose sur rien de rationnel,
puisqu’on n’a jamais eu aussi peu de morts du covid.

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On voit bien que cette décision ne repose sur rien de rationnel, puisqu’on n’a jamais eu aussi peu de morts du covid. On n’arrête pas de nous expliquer que le variant indien progresse à la vitesse grand v depuis pratiquement deux, trois semaines, mais il y a de moins en moins de morts et il y a de moins en moins de personnes en réanimation. Cela veut dire que si le variant indien, le variant delta, progresse très vite, il est probablement moins dangereux que la souche originelle c’est-à-dire que nous sommes face à une mutation du virus qui finalement le rend beaucoup plus contagieux mais beaucoup moins dangereux.

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On voit donc bien qu’aujourd’hui on est pris dans une espèce de délire hygiéniste où l’objectif est d’éradiquer les virus,
les maladies, même si elles ne sont pas mortelles,
même si elles sont bénignes.

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Et de ce point de vue la question est de savoir si la stratégie gouvernementale est de faire en sorte qu’il n’y ait plus de virus, parce qu’on veut vivre dans un monde pur, ou de savoir si la stratégie du gouvernement est de protéger les gens contre des maladies graves. Et l’on voit bien qu’aujourd’hui l’objectif n’est pas de protéger contre les maladies graves puisque le variant indien n’a pas encore démontré son effet sur la gravité de la maladie, notamment sur le nombre de décès, sur le nombre de personnes en réanimation. On voit donc bien qu’aujourd’hui on est pris dans une espèce de délire hygiéniste où l’objectif est d’éradiquer les virus, les maladies, même si elles ne sont pas mortelles, même si elles sont bénignes. Cela procède d’une forme de folie idéologique, de folie sectaire. Je pense qu’elle est assez sincère notamment chez un certain nombre de membres de la caste.

Mais nous avons aujourd’hui la faculté de neutraliser leur stratégie en opposant une résistance, et en faisant en sorte que la machine s’enraye. Parce qu’en réalité ils sont deux ou trois millions de bureaucrates à vouloir l’imposer et nous sommes 63 millions à le refuser, notamment chez les vaccinés. Je connais plein de vaccinés qui disent : je veux bien me faire vacciner, mais non forcer les autres à le faire. D’autres vaccinés disent : je veux bien être vacciné, au fond je suis d’accord pour qu’on force les autres à être vaccinés, mais je ne veux pas du pass sanitaire parce que je n’ai pas envie d’être surveillé, je n’ai pas envie qu’on sache quand je vais au restaurant, dans quel restaurant et avec qui.

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Il y a aujourd’hui une opposition
aux mesures gouvernementales
qui dépasse très largement le seul nombre des non-vaccinés.

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Il y a donc aujourd’hui une opposition aux mesures gouvernementales qui dépasse très largement le seul nombre des non-vaccinés. C’est cela qu’il faut retenir. Et ces gens-là ont la faculté de bloquer en pratiquant le système à la française (rire), la passivité, l’indifférence, le système « d », la débrouille, cette espèce de culture que nous avons de la résistance individuelle assez pacifique, assez sereine aux éclats de voix, aux mouvements d’humeur des membres de la caste.

Illustration Tcho Dessin. Source : Riposte Laïque. Avec l’autorisation de Tcho Dessin.

France Soir : On est sur des sujets sensibles puisque c’est des sujets médicaux. Le président a fait un certain nombre d’affirmations scientifiques, certaines avaient été tenues avant ou ont été reprises depuis par le ministre de la santé. Nous avons demandé à un médecin américain Peter McLeod de regarder chacune de ces assertions. On s’est aperçu que la plupart de ces assertions n’étaient pas fondées. La parole présidentielle est une parole en laquelle on doit avoir confiance. Donc non seulement il y a eu un choc, mais il y a une perte de confiance dans la parole du président, dans ses affirmations puisqu’on est obligé d’aller vérifier ses affirmations. Les médias n’ont pas joué le rôle de contre-pouvoir, ils n’ont pas critiqué, porté la contradiction.

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Ce que l’on cherche à l’ENA
ce ne sont pas des esprits bien faits,
mais des esprits conformistes
qui vont garantir la stabilité de l’Etat.

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Eric Verhaeghe : [Macron est un énarque] La formation des énarques n’est pas très différente de la formation des polytechniciens. Concernant la formation des énarques il y a fondamentalement une logique moutonnière, une logique d’imitation qui s’est accentuée notamment à l’éducation nationale. Ce que l’on cherche ce ne sont pas des esprits bien faits, ce que l’on cherche ce sont des esprits conformistes qui vont garantir la stabilité de l’Etat. Chez le haut fonctionnaire il y a par nature deux certitudes : la première c’est qu’il ne faut toucher à rien. N’oublions pas que l’Etat en latin c’est ce qui ne bouge pas, ce qui est statique. Donc la première qualité du haut fonctionnaire c’est de ne toucher à rien et de s’arranger, d’adapter le système pour qu’il ne bouge jamais.

Et la deuxième caractéristique du haut fonctionnaire c’est qu’il ne peut pas prendre une responsabilité individuelle. Il se réfugie toujours derrière une responsabilité collective. Comme cette stabilité est de plus en plus compliquée a préserver avec le temps, ce phénomène est en expansion et produit de la comitologie, on crée des comités, comité Dupont, comité Durand, un Haut conseil au bidule, une haute autorité de machin. Cette espèce de dilution des responsabilités est la réponse de la caste au risque de prendre des responsabilités individuelles. Et c’est la recherche permanente d’une dilution de la décision dans un phénomène moutonnier. Si on n’a pas compris que le haut fonctionnaire est un mouton (rire), le haut fonctionnaire n’est pas un loup, c’est un mouton, il est là pour vivre en troupeau et pour se réfugier, se faire protéger par le troupeau qui l’entoure.

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Macron est là pour dire quelle est la décision qui convient
à la caste au pouvoir et qu’il représente.

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Si Emmanuel Macron a préparé la décision en petit comité avec le cercle de l’Elysée, il est nourri dans sa décision par ce qu’on appelle dans l’Union européenne le mainstream c’est-à-dire que l’objectif est en permanence d’exprimer une décision représentative du mainstream, qui sera acceptée par l’ensemble de la caste le plus facilement possible. Le président de la république d’une certaine façon est chargé de la synthèse comme on disait au parti socialiste. Il est là pour dire quelle est la décision qui convient à la caste au pouvoir et qu’il représente. Et de ce point de vue il n’a pas besoin de les avoir autour de lui, il est assez grand [pour la prendre tout seul].

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Il y a dans la caste au pouvoir un appel à l’autorité
et une volonté de prendre sa revanche.

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Ce n’est pas une décision qui vise à à innover, c’est une décision qui vise à consolider les positions dominantes dans la caste, à faire consensus dans la caste. Il y a dans la caste au pouvoir un appel à l’autorité, à une espèce de volonté – c’est ainsi que je l’interprète, je pense ne pas être loin de la vérité – une volonté de prendre sa revanche des humiliations reçues du Brexit, de l’élection de Trump ou des populistes (dont je fais partie) qui par le suffrage universel ont battu la caste. Il y a cette espèce de volonté de revanche qui existe depuis deux, trois, quatre ans. Ils disent « on a donné le droit de vote aux cons » je l’ ai entendu des milliers de fois ; « il faudrait retirer le droit de vote aux cons ». Il y a dans la caste aujourd’hui un consensus dont Emmanuel Macron s’est fait l’écho, dont il a pris le flambeau, et qui est pour moi l’illustration de la frange la plus radicale de ce groupe qui dirige le pays. Il y a un consensus pour dire maintenant il faut reprendre les choses en main et il faut arrêter de donner la parole aux cons. Et les cons, c’est nous, les Gaulois réfractaires, toutes les épithètes dont Emmanuel Macron à affublé les Français, les ouvrières illettrées etc.

Il y a une volonté, il y a une réaction aujourd’hui autoritaire comme la réaction nobiliaire en 1785, il y a une réaction contre le suffrage universel dans les élites, dans la caste au pouvoir. Emmanuel Macron l’a exprimé et il en a pris le flambeau. S’il avait demandé à Richard Ferrand ce qu’il fallait faire, à Bruno le Maire, je ne suis pas sûr qu’ils auraient plaidé en faveur de mesures aussi clivantes. Emmanuel Macron a écouté la frange la plus radicale de la caste et a pris des mesures clivantes, dans son coin, sans respecter le processus institutionnel habituel, parce qu’en réalité il a pris des décisions qui relèvent très largement du pouvoir réglementaire c’est-à-dire du premier ministre, sans consulter le premier ministre. Il n’y a pas eu de débat en Conseil des ministres.

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Les institutions habituelles n’ont pas fonctionné.

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Les institutions habituelles n’ont pas fonctionné, tout passe par un Conseil de défense qui n’a pas été inventé pour ça et qui n’a aucun statut constitutionnel. Donc on voit bien aujourd’hui qu’il y a une radicalisation du processus de décision en France. Mais nous sommes plus nombreux qu’eux et ils vont faire quoi ? Il vont nous piquer de force dans la rue ? Tout cela n’a pas de sens évidemment. Je suis beaucoup plus optimiste que toi, Xavier.

France Soir : Il n’y a pas eu le contre-pouvoir des médias. Comment expliques-tu qu’il n’y a plus du tout de contre-pouvoirq ? Personne n’a contesté en France les affirmations scientifiques, on a dû faire appel à des experts étrangers pour pouvoir analyser, même pas contester, mais juste apporter les informations scientifiques.

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Aujourd’hui en France le mainstream de la caste
est diffusé par les médias, notamment parce que ces médias
sont dépendants économiquement
de la politique gouvernementale.

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Eric Verhaeghe : Je l’explique de façon peut-être trop simpliste, c’est que, à la différence par exemple de l’Allemagne, de la Grande-Bretagne, il y a en France d’énormes subventions à la presse officielle, je l’appelle régulièrement la presse subventionnée. Les Français dépensent plusieurs dizaines de millions d’euros pour faire vivre des journalistes. Et cela c’est un élément essentiel de la fabrique du consentement comme dirait Noam Chomsky. Aujourd’hui en France le mainstream de la caste est diffusé par les médias, notamment parce que ces médias sont dépendants économiquement de la politique gouvernementale.

Et cette dépendance a été accrue en 2020 par le plan exceptionnel d’aide directe à la presse qu’Emmanuel Macron a lâché. Il a lâché plusieurs centaines de millions d’euros pour financer la presse, sauver la presse pendant le confinement. Alors évidemment lorsqu’on est dépendant économiquement d’un pouvoir en place, on a tendance à ne pas le critiquer.

D’autant plus qu’il y a ce phénomène d’accréditation que tu connais très bien qui fait que, si on veut pouvoir avoir accès aux conférences de presse, à la proximité, aux voyages officiels, si on veut être associé à la vie du pouvoir, il faut être accrédité. Et l’accréditation est une décision totalement arbitraire du pouvoir politique en place. On se souvient notamment que lorsque on veut avoir la peau de tel media, on lui dit « si vous ne désactivez pas tel journaliste de votre rédaction, vous ne serez plus accrédité ». Et donc il y a un rapport osmotique entre le pouvoir et la presse à travers les subventions qui font qu’on a zombifié la presse. Les aides directes ou indirectes à la presse participent de ce processus de zombification.

Un journal comme l’Humanité n’a plus besoin de lecteurs pour vivre puisqu’il vit de subventions.

Il y a donc bien une stratégie du pouvoir politique qui passe par le ministère de la culture qui consiste à dire aux journalistes : en fait vous n’êtes pas au service des lecteurs, vous êtes au service du pouvoir en place et vous n’avez plus besoin de lecteurs pour vivre. Contentez-vous de diffuser la parole officielle. Et c’est ce qui se passe, tu le sais Xavier, les rédactions aujourd’hui se contentent de reprendre les dépêches de l’AFP sans les vérifier, changent trois lignes pour dire c’est moi qui l’ai fait, et ça passe comme ça.

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Le silence de la presse, la neutralisation du contre-pouvoir médiatique vient des mécanismes de réglementation
de la presse qui existent en France.

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Le silence de la presse, la neutralisation du contre-pouvoir médiatique vient très directement des mécanismes de réglementation de la presse qui existent en France et qu’il faut combattre. J’ai déjà parlé des subventions ; et dans le domaine de l’audiovisuel c’est l’attribution des canaux par le CSA et la police, pour ne pas dire la propagande que fait le CSA qui passe son temps à dire « vous avez trop laissé parler Zemmour, vous avez trop laissé parler untel ou untel, vous n’avez pas donné la parole à la diversité, etc.

Il y a aujourd’hui des mécanismes de réglementation du marché de la presse et des contenus de presse qui est extrêmement efficace pour la neutraliser en tant que contre-pouvoir.

Mon site Le Courrier des Stratèges a l’ambition ou la volonté de diffuser les prises de position libertariennes qui sont aussi des positions d’insider. L’objectif est de décrypter les mécanismes cachés du pouvoir. J’ai fait une vidéo fin mai annonçant que la vaccination obligatoire serait lancée durant l’été et manifestement ce n’est pas que j’ai bien deviné, c’est qu’il y a des signaux qui sont envoyés et qui correspondent à un langage codé de la caste que j’ai appris, que j’ai dû pratiquer et que je trouve intéressant d’expliquer aux Français.

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Il est évident que l’objectif de la presse subventionnée
n’est pas d’éclairer. Il est de dominer ou de transmettre
une parole de domination des esprits

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Il est évident que l’objectif de la presse subventionnée n’est pas d’éclairer. Il est de dominer ou de transmettre une parole de domination des esprits. Il est intéressant de voir comment systématiquement cette presse s’organise pour se relancer, pour se concerter, pour dégager un mainstream. Et on s’aperçoit généralement qu’en une semaine les grands titres de presse publient des articles qui sont convergents. En gros il n’y a pas de trous dans la raquette de l’opinion qui soient laissés libres. Et ces titres, ces articles, ces campagnes organisées – je connais assez la machine de l’intérieur pour savoir comment on organise une campagne de presse dans la presse subventionnée – ces campagnes bien entendu ne visent pas à éclairer, elles visent à convaincre les gens de s’endormir, à zombifier l’opinion publique.

Pour des raisons qui sont de plus en plus pressantes et urgentes, parce que la caste au pouvoir sent bien qu’il y a de plus en plus de friture sur la ligne et que donc il faut absolument verrouiller le système. Et donc bien entendu qu’aujourd’hui l’objectif de la presse subventionnée n’est pas d’éclairer les lecteurs. Son objectif est de consolider une argumentation officielle et donc de ce point de vue moi à ma petite échelle j’ai la prétention d’apporter des décodages, des déchiffrages indépendants et en donnant aux gens la possibilité de vérifier toutes les sources et d’avoir accès eux mêmes aux sources.

Je crois que la vocation de la démocratie c’est de libérer les esprits, d’apporter la lumière et certainement pas de dégager une espèce de consensus mou minimum. Les auteurs libertariens comme Friedrich Hayek avaient très bien analysé cela. Et le totalitarisme s’exerce toujours par le retour au plus petit commun dénominateur dans l’opinion. Et aujourd’hui le plus petit commun dénominateur c’est « on va mourir si on ne se fait pas vacciner et ceux qui ne se font pas vacciner sont des assassins potentiels ». C’est cette idée baroque abracadabrantesque qui aujourd’hui est délibérément installée dans l’opinion par la presse parce qu’on ne peut pas élargir le consensus au-delà de cette idée bête. Et mon objectif en effet est de dire aux gens « posez-vous des questions ».

France Soir : Tout à l’heure tu m’as dit que tu étais plus optimiste que moi. Comment définirais-tu ton optimisme ?

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Je ne crois pas que le peuple français puisse accepter
de subir très longtemps un régime autoritaire.

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Eric Verhaeghe : Parce que je suis convaincu qu’il y a une identité française profonde qui est une identité de liberté et que face à cette espèce de réaction vichyste à laquelle nous assistons aujourd’hui dans les allées du pouvoir, je pense qu’il y a une résistance française naturelle, qui ne passe pas par la violence, qui ne passe pas par de grandes manifestations, qui ne passe pas par de l’ostentation, mais qui est profondément ancrée dans le fait qu’il faut laisser les gens libres et qu’il faut leur foutre la paix dans leur vie quotidienne. Je ne crois absolument pas que la France, que le peuple français soit capable de subir très longtemps un régime autoritaire.

En été il y aura des manifestations nombreuses. Mais je pense qu’il n’y aura pas les grandes manifestations, un grand mouvement, ça ne se passera pas cet été. En revanche, il va y avoir des avertissements. La floraison de manifestations samedi montre qu’Emmanuel Macron a touché une corde qu’il aurait pas dû toucher. Mais je pense aussi que la résistance ne passera pas par la rue, elle passera par des procés, des recours, des blocages politiques, un effilochage progressif de cette majorité au pouvoir. Je pense que ça va imploser. Ce sera beaucoup plus le fait de petits blocages successifs qui vont se terminer par un grand blocage plutôt que par un grand soir.

France Soir : Merci beaucoup Eric Verhaeghe, quelqu’un qui a fait partie de la caste et qui en est sorti.

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